Encourager son enfant pour l’aider à apprendre

Les recherches en sciences cognitives permettent de mieux comprendre les mécanismes de l’apprentissage. Encourager son enfant, le guider dans se fonctionnement, c’est déjà faire un pas vers cet apprentissage.


Je retiens J'agis
  • Chaque enfant naît avec son propre cerveau mais ses compétences ne sont pas pré-déterminées.
  • Comprendre sa complexité et son fonctionnement peut l'aider à décomposer les tâches demandées.
  • Encourager un enfant est également au centre du dispositif d'apprentissage.
  • Les enseignants comme les parents ont un rôle majeur à jouer dans cet encouragement.
  • J'explique à  mon enfant le fonctionnement de sa mémoire à court terme.
  • Je lui conseille pour se concentrer d'analyser chaque consigne et de la traduire sous une forme qui lui convienne (la recopier, la souligner, la dire dans sa tête, se l'imaginer en film...).
  • Je vérifie que mon enfant est suffisamment encouragé, en veillant à un équilibre entre ses enseignants et sa famille.
 

Le cerveau est un organe comme les autres. Pas plus mystérieux que les autres. Il est constitué de cellules qui communiquent entre elles par des informations électriques (au passage, hop, on prend un peu d’avance sur le programme d’SVT de 4e !).

Le cerveau n’est donc pas un muscle, mais pourtant, on peut le « muscler » ! Car au contraire d’un réfrigérateur, plus on le remplit, et plus il y a de place. De nouvelles connexions apparaîtront, formant de nouveaux réseaux. Et ceci tout au long de la vie (même s’il ne faut pas rêver, cette plasticité est bien plus efficace chez les jeunes… vous avez récemment essayé d’apprendre une poésie ?).

Mais attention aux excès. Comme le rappelle Pierre Gressens, directeur du centre neurosciences et neuropédiatrie,  "il ne faut pas tomber dans l’excès inverse. Certains parents soumettent leur enfant à d’innombrables activités pensant augmenter leur intelligence. C’est inutile. Chaque stimulation doit être raisonnable et variée".  

Chaque individu possède un cerveau unique, et transformable ! Il dépend de facteurs innés et aussi de l’utilisation qu’on en fait. Le savoir permet aux enfants de prendre conscience que rien n’est joué… avant 40 ans environ ! Ensuite, le remodelage ralentit. Ainsi, si son enseignant le trouve "lent", "peu attentif" ou "peu soigneux", rassurez votre enfant sur le caractère réversible de cette appréciation. 

Et la mémoire dans tout cela ?

Ce qui est souvent pris pour un manque d'attention ou de concentration est lié à la mémoire à court terme : celle qui nous permet de mémoriser une consigne le temps de réaliser une tâche. A l’école, elle est souvent mobilisée: soulignez les verbes en rouge ! écoutez l’exposé oral de votre camarade ! faites un calcul mental !

On conseille aux enseignants de ne pas multiplier les informations dans une consigne et de se référer à des situations connues : évoquer une recette de cuisine par exemple en mathématiques pour faire réaliser un calcul.  

Les parents peuvent aussi aider leurs enfants à se concentrer sur la tâche à réaliser sans se disperser : en leur conseillant de répéter la consigne (tout haut puis dans leur tête), de souligner les verbes d'action dans la consigne, en leur suggérant de s’imaginer un film dans leur tête traduisant la consigne en image. Essayez avec les devoirs à la maison puis dites à votre enfant de faire la même chose en classe.  

On peut y mettre du plaisir !

En ce qui concerne les encouragements, ils vont renforcer le circuit de la récompense : un réseau de neurones qui émettent des molécules et provoquent des sensations de plaisir. Et donc en redemandent.(http://lecerveau.mcgill.ca/flash/d/d_03/d_03_cl/d_03_cl_que/d_03_cl_que.html)  

Et oui : dire bravo au bon moment aide à réussir ! Cela aussi, les enseignants le savent, et les nouvelles modalités d’évaluation positive depuis la maternelle vont dans ce sens, lentement mais sûrement. La “bienveillance” fait partie des compétences attendues d’un enseignant, et sont publiées au journal officiel (Bulletin officiel n° 13 du 26 mars 2015).

Les enfants ont aussi besoin de sentir la bienveillance de leurs parents. Que ces derniers regardent attentivement leurs progrès, les commentent, les accompagnent. Donc même si ce n’est pas dans vos habitudes familiales, s’y forcer sera bénéfique. Prenez le temps de regarder ensemble ses cahiers même si les enseignants ne demandent plus de les signer. Commentez-les, discutez-en. 

Et si vous estimez que les enseignants de votre enfant ne sont pas assez encourageants, leur faire savoir peut débloquer rapidement une situation : les parents peuvent le dire à l'enseignant, l'élève lui-même peut lui en parler ou le lui écrire. Chaque enseignant accompagne environ 200 élèves par an, il est difficile d'être parfait avec chacun d'entre eux, mais lorsque l'on sait qu'un enfant souffre d'un manque de reconnaissance, on pourra faire un effort, si lui-même en fournit aussi. 

Source

Pour aller plus loin : un site à destination des enseignants avec des dossiers très complets par thématiques.