Apprendre à apprendre

Derrière cette expression, une idée simple : nous apprenons chacun de notre façon, avec une efficacité qui varie en fonction de nombreux paramètres. Il suffit de regarder les enfants de la même fratrie pour en être convaincu.

L’école a récemment introduit cette notion sous le terme les méthodes et outils pour apprendre dans les programmes. Elle est enseignée, elle est évaluée et elle est à l’origine du dispositif Devoirs faits mais il faut avouer que les profs préfèrent souvent finir leur programme que de se lancer dans ce champ pour lequel ils sont peu formés…

C’est là que vous intervenez ! Il existe des façons efficaces d’aider votre enfant à apprendre.


Commençons par l’information dont vous avez sûrement entendu parler : ce que l’on appelle les types d’apprentissage. Depuis les années 80, différentes théories se succèdent pour classer les façons dont on apprend. D’abord intuitives, elles ont ensuite été renforcées par les techniques qui permettent d’enregistrer l’activité dans notre cerveau quand nous réalisons une tâche, comme par exemple l’IRM fonctionnelle.

Il en existe beaucoup de ces théories, qu’il faut toutes envisager prudemment. On regroupe sous le terme de neuromythes toutes les affirmations peu scientifiques qui font parler notre cerveau. Mais elles ont l’avantage de mettre à la portée de tous , et surtout de nos enfants, qu’il existe différentes façons d’apprendre et que certaines personnes sont davantage faites pour les unes que pour les autres.
Vous pouvez commencer par vous poser la question vous-même, puis la poser à votre enfant. Vous pouvez faire le test ensemble. Vous en trouverez de plus ou moins sérieux en ligne, nous aimons celui-ci.

Les théories de l'apprentissage

Selon Kolb, il existe 4 types d’apprentissage, avec un pôle dans la réflexion et l’autre dans l’action, un pôle dans le concret et l’autre dans l’abstrait.

Selon Gardner, ce sont plutôt des intelligences multiples : visuelle, corporelle, émotionnelle...

Selon La Garanderie, une succession de 5 gestes qui doivent s'enchaîner pour apprendre : être attentif, mémoriser, comprendre, réfléchir puis imaginer c’est à dire pouvoir utiliser dans un autre contexte.

Et selon nous, on peut retenir :

  • Qu’un enfant a un style d’apprentissage qui n’a aucune raison d’être le même que celui de son parent (inutile donc de le forcer à utiliser votre astuce préférée - écrire 20 fois la poésie - si ce qui marche pour lui est de s’enregistrer et de se la passer dans un casque en même temps qu’il fait du ping-pong!) ;

  • Qu’un enfant n’a pas un mais des styles d’apprentissage, qui dépendent de la discipline, de sa motivation, du prof, de l’objectif qu’il s’est fixé et qu’il ne doit pas s’enfermer dans une solution sous prétexte qu’elle aurait marché une fois ;

  • Que les types d’apprentissage varient au cours du temps : on n’apprend pas à 45 ans comme on apprend à 12 !

Et maintenant, la pratique !

Ce constat étant fait, comment faire pour l’aider à apprendre ? Tout d’abord, il est nécessaire de prendre le temps d’analyser sa posture de parent dans l’accompagnement de l’enfant. C’est à dire la façon dont on s’empare de la tâche “aider son enfant à apprendre”. On peut ici s’appuyer sur des travaux de chercheurs qui font le même travail en observant des profs : certains sont dans le “contrôle” et restent debout derrière l’enfant assis, d’autres dans le “lâcher-prise” cherchant à installer l’autonomie, ou encore dans le sur-étayage (cherchant à tout prix à soutenir son enfant de peur de le voir chuter).

Commencez par vous poser la question au sujet de quelqu’un d’autre : un autre parent que vous voyez souvent en action (peut-être votre conjoint). Essayez de le positionner, de décrire sa posture. Puis réfléchissez à la vôtre (c’est toujours moins agréable, mais ça vaut le coup!).

Maintenant que vous connaissez votre posture, il est temps d’analyser la sienne. Parlez-en avec lui, puis avec le reste de la famille, essayez de comprendre ses réactions. Vous pouvez peut-être lui proposer de filmer une séance de révision à la maison ? vous regarderez ensuite la vidéo et chacun pourra commenter le comportement de l’autre ? Ce qui se joue ici, c’est la mise en activité : si votre enfant apprend ses cours sous la menace ou pour vous faire plaisir, il a raté l’étape 1 de l’apprentissage : celle de la motivation qui est indispensable pour que se déroulent les suivantes !

Il est à présent temps d’amener votre enfant vers une posture réflexive : un mot compliqué pour décrire le fait d’analyser ses propres fonctionnements. Un élève qui progresse est un élève qui connaît ses forces et ses limites, qui sait qu’il a fini d’apprendre ou pas, qui sait s’il a réussi ou pas, qui sait expliquer ce qu’il a compris et ce qui lui a posé problème : bref, qui est actif dans sa scolarité.

Pour cela, il existe des astuces et outils.

Dans la catégorie des astuces, le fait de lui demander ce qu’il a fait mais en décentrant les questions : on ne veut pas connaître le contenu du cours mais la façon dont la notion a été construite en classe (par une vidéo ? une photo ? un texte ? un graphe ?), on ne veut pas savoir sur quoi la question de l’évaluation portait, mais quel était le verbe de la consigne, si ce verbe était le même que dans le dernier DM, s’il a compris la question, combien de temps il pense devoir réviser pour connaître la notion. On l’aide ainsi à prendre du recul, à décrypter les manies de chaque prof chaque année, à gagner en autonomie et en efficacité.

Dans la catégorie des outils, tous ceux qui aident à planifier le travail seront les bienvenus : nous vous renvoyons pour cela vers notre article sur l’autonomie !  : du petit “carnet de progrès” qui consigne tout ce que l’enfant sait faire décoré de stickers brillants à l’application interactive, chacun y trouvera son compte.

Ensuite viennent ceux de mémorisation : par des moyens mnémotechniques en tous genres (la première lettre des mots d’une phrase, des associations à des images, des associations à des lieux), grâce à des supports variés (un tableau veleda sur le mur de sa chambre, un carnet de dessins, un bon vieux cahier de brouillon).

Puis viennent ceux de la restitution : on doit s'entraîner à restituer son apprentissage selon la bonne modalité. Debout pour réciter sa poésie devant toute la famille car le prof interroge debout devant toute la classe. On demande à l’enfant de se l’imaginer, de se mettre en situation. De la même façon, il faut écrire pour apprendre si la restitution sera écrite. On entraîne ainsi la bonne zone du cerveau qui sera plus rapide et efficace le jour J.

On l’aura compris, apprendre n’est pas une tâche spontanée pour tous. Mais c’est une tâche utile et elle mérite bien un petit coup de pouce à nos enfants. Pas en reprenant tout le cours la nuit pour le lui réexpliquer le jour, mais en lui faisant prendre conscience de la façon dont il aime apprendre, de la façon dont il est efficace pour le faire et en le guidant par des questions judicieuses, au début fréquentes, puis de moins en moins.


Vous souhaitez échanger avec d’autres parents ? Aller plus loin et construire ensemble des outils adaptés ? Notre atelier Apprendre à apprendre est fait pour vous !