Comment aider mon enfant à faire ses devoirs ?

 

A chaque âge ses besoins et ses façons de les formuler. En grandissant, les enfants affichent moins le besoin d’être aidés, ce qui ne veut pas dire qu’ils ne le ressentent pas.


Lorsqu’un prof des écoles raconte son quotidien à un prof de collège, il est parfois difficile d’imaginer qu’ils font le même métier. A l’école élémentaire, pendant une séance dialoguée avec la classe, 15 doigts sont en permanence hissés vers le ciel, que ce soit pour donner une réponse, raconter une anecdote ou poser un question. Le professeur est une personne ressource, souvent toute puissante, à qui l’enfant n’hésite pas à demander de l’aide. Quelques années plus tard, les mêmes se retrouvent épaules vers le sol, têtes baissées, immobiles comme pour nous pousser à oublier leur présence.

 

A la maison, ils oscillent entre le refus obstiné de toute aide “de toutes façons, c’est pas comme ça que la prof a dit de faire !” et le désespoir que l’on résolve leur exercice “mais si tu ne m’aides pas, je vais avoir une croix!”

 

A nous d’écouter nos enfants et d’adapter notre aide, souvent pour résoudre un problème à court terme - les devoirs du lendemain - parfois pour aller plus loin.

Quand j’arrive pas à faire quelque chose à l’école, je suis énervée. J’appelle la maîtresse ou une personne très forte pour m’aider. Et ça me calme.
— Juliette, 5 ans
Quand j’arrive pas à faire quelque chose, je suis capable de hurler, de taper. Car ça m’énerve vraiment. Je demande directement de l’aide. Ca me dérange de demander, mais ça me dérange encore plus de ne pas trouver tout seul donc je demande.
— Emile, 8 ans
Quand j’arrive pas à faire quelque chose seule, je me sens perdue, je me renferme, et je sens que mon cerveau travaille et si je trouve pas, je me renferme encore plus. Dans ce cas, soit j’appelle ma mère soit j’arrête. Je n’aime pas l’appeler, ça me gène car j’ai pas réussi à me débrouiller seule. Je préférerais pouvoir demander à un autre enfant qui aurait compris.
— Lana, 10 ans

A travers ces 3 témoignages, nous voyons que petit à petit, les enfants cherchent d’autres personnes ressources que leurs parents : parfois ils en trouvent à la maison, s’ils ne sont pas les aînés, parfois ils en trouvent à l’école parmi leurs camarades, ou dans des associations, mais parfois non.

 

Apprendre grâce à ses erreurs

Lors des entretiens, nous avons pu rencontrer des parents de lycéens qui dans un lapsus nous avouent “qu’on n’a pas compris la question de l’exercice 4”. En effet, les années passent vite, et si on n’est pas vigilant, l’élève peut se retrouver en panne d’autonomie et continuer très longtemps à faire ses devoirs en famille : c’est rassurant et ça dégage sa responsabilité en cas d’erreur.

 

Pourtant, les travaux de recherche sont clairs sur le sujet : le statut de l’erreur est très important dans le processus d’apprentissage ; nous devrions laisser les enfants se tromper, partir à l’école avec des résultats faux dans leurs cartables, s’y confronter, intégrer les causes de l’erreur et corriger. Mais attention à bien l’expliquer aux enfants dès le départ sous peine de les laisser croire à une haute trahison de votre part.

 

De l’autre côté du spectre, si les séances de devoirs à la maison sont ponctuées de cris, mieux vaut sans doute laisser tomber et proposer à l’enfant d’écrire un mot à l’enseignant pour expliquer pourquoi il n’a réussi à les faire plutôt que de menacer de le priver de téléphone - console - dessert - sortie ! On ne peut pas aider de force...

 

En résumé, on aide ses enfants à la maison :

  • s’il nous le demandent

  • en apportant un soutien, une aide méthodologique, une traduction de la consigne

  • mais pas en faisant l’exercice à leur place (même si ça va plus vite)

  • pas de façon systématique

  • et pas sous la contrainte !