Accompagner vers l'autonomie

Les profs se plaignent souvent du manque d’autonomie de leurs élèves. Les parents aussi rêvent d’un monde dans lequel ils n’auraient pas besoin de prononcer cette phrase : “comment ça, tu as presque fini tes devoirs?”

Rassurez-vous, l’autonomie est une compétence comme les autres : elle s’acquiert. Et pour cela, il existe des outils simples à utiliser.


Je retiens J'agis
  • Être autonome à l’école, c’est apprendre par soi-même en s’adaptant à un cadre qui a été dessiné par ses profs.
  • L’autonomie de l’élève est un but partagé par les parents et les profs.
  • Des outils existent pour acquérir l’autonomie : ils sont axés vers la planification et vers l’auto-évaluation de cette planification.
  • Je demande à mon enfant de définir avec ses mots l’autonomie, je lui livre ma définition de l’autonomie et nous dressons ensemble la liste de ses avantages.
  • Je construis avec mon enfant “un plan de travail” qui lui permet d’organiser son travail de façon efficace, avec la stratégie de son choix.
  • Je construis avec mon enfant une grille d’évaluation de son autonomie, en sélectionnant des indicateurs objectifs de son autonomie et mesurables sur une échelle allant de la plus faible autonomie à la plus forte. Je prévois des temps pour l’aider à se situer dans cette grille.
  • Je télécharge une application d’aide à la planification des devoirs.

 

Autonome dans la vie ou à l’école : deux définitions

Un enfant que des adultes appellent autonome est un enfant qui se débrouille tout seul : pour se laver, pour s’habiller, pour se préparer à manger ou pour faire ses devoirs. Parfois par crainte d’être puni,. Parfois pour pouvoir ensuite libérer du temps pour faire autre chose qui lui plaît. Parfois par habitude ou parce qu’il en retire une estime de soi, un sentiment de liberté. Mais est-ce là vraiment de l’autonomie ?

Si on interroge des élèves de 15 ans, ils répondent qu’être autonomes, c’est “savoir travailler seul, se débrouiller seul, s’aider tout seul, comprendre qu’on n’est pas bête, prendre confiance en soi”. 30% d’entre eux se déclarent autonomes et 70% non, en précisant que c’est dur pour eux de le devenir.

Si on regarde dans le dictionnaire, on apprend que l’autonomie est la capacité à se déterminer par soi-même, en conformité avec sa propre loi. Est autonome l’enfant qui déciderait de se brosser les dents pendant 3 minutes en ayant pesé les avantages et les inconvénients d’un brossage régulier et qui choisirait l’endroit et la manière pour le faire…

Il est alors nécessaire de se poser la question de la définition d’un enfant : un être de petite taille qui a besoin d’un adulte pour avancer ! Et qui ne construit pas ses propres lois !

Est-ce que pour autant les enfants ne peuvent pas être autonomes ? Si, mais dans un cadre particulier, dans lequel un adulte va se glisser et déterminer les règles de cette autonomie, si possible avec lui. Cet adulte peut être le parent qui impose de se brosser les dents ou le prof qui impose de faire ses devoirs.

A l’école, être autonome c’est apprendre par soi-même, en faisant des choix. C’est donc accepter de prendre la responsabilité de son apprentissage, choisir son chemin pour apprendre, permettant d’atteindre des objectifs fixés soit par l’école soit par la famille, et si possible par les deux.



L’autonomie : un objectif partagé

Les parents comme les profs recherchent l’autonomie des enfants. Pour leur développement personnel bien sur, mais aussi par recherche de la tranquillité. L’élève autonome dégage du temps pour pouvoir s’occuper d’un autre ou d’autre chose. Et il est important d’en avoir conscience et non pas honte. Pour y arriver, les profs ont mis en place des outils. Ils s’appuient majoritairement sur la planification. En effet, l’autonomie rime avec la prise de décision, la connaissance de différentes stratégies pour atteindre un but et le fait d’en choisir une. Certains enfants arrivent à le faire spontanément, tout seuls, mais il est conseillé de rendre cette activité explicite : on aide un enfant en lui faisant expliquer les choix qu’il a fait, en les détaillant, en les formulant.

Cela passe par deux activités complémentaires :

  • planifier son travail ;

  • évaluer lui-même le résultat, c’est à dire comparer le réel et le prévu.

 

Le plan de travail

Le plan de travail est un outil utilisé en classe en élémentaire : c’est une feuille de papier dont dispose chaque enfant, qui dresse la liste des activités à réaliser pendant une période donnée (en général une semaine), que l’enfant complète au fur et à mesure, et qu’il fait viser à l’enseignant.

Une étude menée en 2016 sur plus de 1000 élèves et publiée dans la revue Education et socialisation a démontré le goût (à 70%) et l’efficacité de cet outil pour développer l’autonomie en classe et en dehors de la classe (pour 76% d’entre eux).

En s’inspirant de cet outil, on peut aider son enfant à en construire un qui lui permettra de visualiser les tâches à faire.

C’est en général un tableau. Les colonnes peuvent distinguer les travaux écrits ou oraux, ceux qui relèvent d’un énoncé simple ou complexe - tracer un carré de 2cm de côté ou apprendre une leçon ne relèvent pas de la même stratégie - et indiquer le temps nécessaire à la réalisation de ces tâches.

De très nombreuses versions peuvent être consultées en cherchant des images dans un moteur de recherche en tapant “plan de travail élémentaire” et permettront à votre enfant de construire le sien. Comme tout outil, il sera d’autant plus utilisé que l’enfant se l'approprie : il est possible de le décorer, de le tracer sur un tableau effaçable à sec et réutilisable, d’y associer un code-couleur qui corresponde à la couleur des cahiers...

 

L’auto-évaluation de son autonomie

Au bout de quelques semaines d’utilisation du plan de travail, l’enfant commencera à prendre conscience des stratégies qui marchent et d’autres qui marchent moins. Il saura évaluer s’il a fait preuve d’autonomie ou pas et sera prêt pour la deuxième étape : la construction de sa cible d’auto-évaluation.

Sur une feuille, construisez une cible comme pour jouer aux fléchettes avec 4 cercles concentriques. Le plus petit cercle est le niveau 1, le plus grand le niveau 4 (selon les spécialistes de l’évaluation, il est important d’avoir un nombre pair de niveaux pour ne pas être tentés de se placer au niveau de la moyenne mais de devoir se positionner plutôt au-dessus ou en-dessous).

Placez ensuite les indicateurs d’autonomie : finir à temps ses devoirs, comprendre les consignes, trouver la meilleure stratégie, avoir ses affaires, comprendre ses erreurs, savoir prédire sa note… Autant de critères pour lesquels l’enfant pourra se positionner dans la grille, tracer son “diagramme en araignée” et se donner des objectifs pour la fois suivante. Vous serez étonné de la lucidité de votre enfant. Et pourrez ainsi l’encourager et le conseiller.

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Cibles d'auto-évaluation

Enfin, ce que les pédagogues appellent “l’évaluation par les pairs” pourra être mis en place : aucun conseil n’est autant suivi que celui donné ni par le prof ni par les parents mais par les amis. Réunissez trois amis, faites-les faire cette activité ensemble, et se présenter leurs grilles. Ils en ressortiront avec pleins de nouvelles stratégies d’apprentissage.

 

Les applications de planification des devoirs

Il existe des applications qui permettent de planifier les devoirs. La plupart ont été développées pour les étudiants. Parmi les gratuites, on peut citer  par exemple HomeWork/Devoirs (lien en anglais). On peut l’installer avec son enfant et fixer des rendez-vous pour remplir et mettre à jour l’application dans un premier temps et ainsi l’aider à prendre l’habitude de la consulter.

Pour une appropriation plus progressive de l’habitude (et donc pour les plus jeunes ou les moins autonomes), on peut imaginer utiliser dans un premier temps une application de planification en groupe du style Trello ou Taskworld et appliquer des codes-couleurs : Vert = c’est fait, Orange = j’y travaille et Rouge = je suis bloqué !

L’enfant a un compte, le parent aussi, et les deux planifient leurs tâches ensemble, dans un groupe partagé. Lorsque l’enfant a fini un travail, il change le statut de ce devoir. Et le parent peut voir qu’il l’a fini. On évite ainsi d’harceler son enfant pour savoir s’il a fini ses devoirs, puisqu’on le sait au fur et à mesure.


Vous souhaitez échanger avec d’autres parents ? Aller plus loin et construire ensemble des outils adaptés ? Notre atelier Accompagner mon enfant vers l'autonomie est fait pour vous !

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